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EN ROUTE VERS LA MOBILITÉ DURABLE

Point Inc. Édition N°5 – Printemps 2019

Audrey Desrochers

 

Alors que les obstacles sont nombreux sur la route vers la mobilité durable, les régions empruntent la voie de l’innovation pour diminuer l’impact de l’auto solo sur leurs territoires.

Si délaisser l’auto solo peut s’avérer un véritable casse-tête lorsqu’on habite loin des grands centres urbains, les experts font preuve de créativité pour proposer des solutions viables. Du traditionnel covoiturage aux taxis collectifs, en passant par le transport scolaire et le partage de voitures électriques, les possibilités sont nombreuses lorsque le privé et le public s’allient pour prendre le virage de la mobilité durable.

Selon le conseiller en développement durable de la Ville de Joliette, Charles Gratton, on compte actuellement 7600 véhicules de plus qu’il y a 10 ans sur les routes de la MRC de Joliette. S’il n’y a pas un frein à la dépendance à l’automobile, il devrait y avoir encore 9000 voitures de plus d’ici 2030.

«Ça amène toutes sortes de défis et de complications sur le réseau routier, notamment en termes de stationnement», explique-t-il.

Les chiffres les plus conservateurs démontrent qu’il se crée habituellement trois places de stationnement pour chaque voiture : une à la maison, une au travail et une dans un commerce. Pour le spécialiste en développement durable, ces espaces de stationnement sont des espaces «un peu perdus ». « Ça n’a aucune valeur foncière, ça crée des ilots de chaleur et ça amène des milieux de vie beaucoup moins inspirants. »

De son côté, la professeure en études urbaines de l’Université du Québec à Montréal Florence Junca-Adenot indique que les initiatives de mobilité durable limitent la congestion et diminuent les émissions de gaz à effets de serre.

DES INITIATIVES PROMETTEUSES

Communauto, Bixi, métro… Les initiatives en transport durable sont nombreuses dans les grands centres urbains comme Montréal. En région, toutefois, la masse d’utilisateurs potentiels n’est pas assez importante pour implanter ces services.

«Il faut donc penser une autre gamme de services qui sont adaptés à des territoires plus grands et à des populations moins denses», soutient madame Junca-Adenot.

Elle mentionne par exemple l’utilisation des autobus scolaires. « Il y a possibilité de les utiliser à plus pleine capacité, en dehors des périodes de transport des élèves. Les gens pourraient les utiliser par exemple pour faire la navette vers les commerces locaux. »

À son avis, les taxis collectifs peuvent également s’avérer intéressants, notamment pour amener les travailleurs vers les quartiers industriels. « Il n’y a pas nécessairement une demande assez grande pour un autobus, alors les employeurs et la ville peuvent se regrouper pour trouver une formule de taxi collectif qui transporte des groupes de 3-4 personnes », illustre-t-elle.

Charles Gratton propose quant à lui de miser sur l’autopartage. « Les entreprises privées qui possèdent de gros immeubles, par exemple un centre pour personnes âgées, pourraient offrir un service d’autopartage, suggère-t-il. Avec une voiture pour trois ou quatre personnes, ça dégage des espaces de stationnement et ça laisse de la place pour plus de verdure ou pour plus d’unités de logement. » Certaines municipalités, dont Sainte-Julienne, offrent également à leurs employés ou à leurs citoyens un accès en autopartage à leurs véhicules électriques. Le projet, baptisé SAUVéR, s’implante actuellement aux quatre coins de la province.

«On voit qu’il faut une concertation de tous les milieux, affirme Florence Junca-Adenot. Pour que des initiatives de mobilité durable voient le jour en région, il faut la participation du public, du privé et des municipalités. »

LE TRANSPORT ACTIF, C’EST POSSIBLE

Qui dit mobilité durable dit également transport actif. Alors que, à Joliette, environ 60 % des gens habitent à moins de 5 km de leur lieu de travail, le vélo demeure une option facile.

«On peut penser que le transport actif est impossible en région, mais le vélo peut être très intéressant quand on a de courtes distances à faire. Il y a un potentiel intéressant pour l’agglomération de Joliette, surtout que nous avons un relief assez plat comparé à d’autres villes comme Sherbrooke», souligne Charles Gratton, qui voyage lui-même à deux roues, été comme hiver.

Face aux changements climatiques, les villes sont à la croisée des chemins. Selon Charles Gratton et Florence Junca-Adenot, c’est pourquoi tous les acteurs économiques doivent maintenant tracer la voie aux initiatives en transport durable.

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