DÉLÉGUER OU NE PAS DÉLÉGUER LA GESTION DE LA PAIE?
17 mai 2019

À QUAND L’OCCUPATION ÉPHÉMÈRE DES BÂTIMENTS VACANTS EN RÉGION?

Point Inc. Édition N°5 – Printemps 2019

Étienne Dupuis

 

L’occupation éphémère des bâtiments vacants gagne en popularité dans les milieux urbains. Si tous les éléments sont réunis pour que le phénomène gagne les régions, peu d’initiatives ont vu le jour jusqu’à maintenant.

 

«C’est très possible de voir des projets d’usages transitoires se concrétiser en région», lance d’emblée Mallory Wilson, la directrice générale d’Entremise, un organisme montréalais qui connecte des espaces sans personne à des personnes sans espace.

Les bâtiments vacants se comptent par centaines dans la métropole. Plutôt que de laisser ces espaces vides exposés au vol, au saccage et à une détérioration accélérée, Entremise propose de redynamiser la vie locale pour une durée déterminée.

« Les projets que nous développons constituent des tremplins pour d’autres initiatives », affirme Mallory Wilson. En 2018, l’organisme a travaillé à l’élaboration du projet Young, qui vise l’utilisation d’un bâtiment municipal industriel du Quartier de l’innovation dans Griffintown. Pendant vingt-deux mois, une vingtaine d’organismes culturels et communautaires, d’artistes et d’entrepreneurs sociaux occuperont cet espace afin d’y concevoir des projets structurants pour la vie de quartier.

Entremise travaille actuellement sur un projet à l’ancien hôpital Royal-Victoria, déserté depuis l’ouverture du nouveau Centre universitaire de santé McGill. «C’est tellement grand! C’est un véritable quartier, ce complexe-là », explique Mallory Wilson.

Les frais de gardiennage pour un tel bâtiment s’élèvent à huit millions de dollars par année. Entremise propose de créer un milieu de vie, un véritable village, sur le site de l’ancien hôpital.

«Nous souhaitons que des organismes s’approprient cet espace et qu’il puisse y avoir une cuisine collective, un partage de livres, etc. », soutient Mallory Wilson. Le projet s’inspire beaucoup de la réfection de l’hôpital Saint-Vincentde-Paul à Paris, reconverti en écoquartier où se côtoient organismes, entreprises et événements en tous genres.

Bien que l’idée reçoive beaucoup d’appuis, les démarches pour mettre en branle de tels projets sont complexes. «Tout le monde se lance la balle. Les gouvernements, l’Université McGill… Chacun dit que le site est la responsabilité de l’autre», affirme-t-elle.

LA SITUATION À JOLIETTE

Dans la MRC de Joliette, plusieurs bâtiments vacants ont changé de vocation de manière permanente. «Ce sont surtout des bâtiments religieux qui ont été reconvertis au fil du temps, avance le directeur général de la Corporation de développement économique de la MRC de Joliette, Nicolas Framery. Dans la plupart des cas, les municipalités cherchent à redonner vie aux églises et aux presbytères. »

Pour Mallory Wilson, le manque de concertation des organisations locales et la réticence des propriétaires des bâtiments constituent un frein aux projets d’usages transitoires en région. «Même si les propriétaires sont ouverts, ça prend des organismes et des entreprises qui ont des projets pour faire vivre ces bâtiments pendant un moment. »

L’équipe d’Entremise réfléchit d’ailleurs, à l’heure actuelle, à la façon dont elle pourrait soutenir des projets à l’extérieur de Montréal. «On peut prendre en charge de nombreuses facettes des projets, de la coordination du chantier jusqu’à l’administration du lieu en passant par les communications. » L’organisme doit seulement trouver une façon pour aider les initiatives régionales à essaimer.

Tant les citoyens que les propriétaires devront garder l’œil ouvert et la main tendue pour voir apparaître des initiatives d’usages transitoires.

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